Les webdocumentaires sont des dérivés des documentaires classiques en ayant pour spécificité d’être diffusés uniquement sur le web. Leur format est adapté de façon à prendre en compte les éléments spécifiques du web : la longueur de la vidéo, son format et sa diffusion multi-médiatique.
En 2013, le webdocumentaire Que pasa Colombia réalisé par Olivier Hoffschir et Thomas Petitberghien est diffusé via un site internet lui étant dédié, par le biais de la plateforme Vimeo. Ce reportage de 33 minutes propose une immersion dans la culture colombienne et notamment sur sa diversité musicale.
Sur le site internet, on retrouve le web-documentaire, des fiches sur les artistes présents dans le reportage, une description du projet ainsi que des liens renvoyant à trois réseaux sociaux : Vimeo (pour la vidéo), Tumblr et Twitter. De ce fait, on retrouve une des caractéristiques premières du web-documentaire : avoir une diffusion multi-médiatique. D’autre part, la vidéo dure une trentaine de minutes, ce qui semble être une durée idéale pour un exploitation web. En effet, en trente minutes, le visionneur reste captivé par le propos sans avoir le temps de s’ennuyer et de fermer la page.
Que pasa Colombia est composé exclusivement d’interviews d’artistes et de prises de vues réelles de concerts et de musiciens. Il n’y a aucune mise en scène dans ce web-documentaire, on est donc ici en plein dans le genre du documentaire qui a pour dessein de saisir et filmer le réel.
Ce webdocumentaire a pu voir le jour grâce au soutien notamment de la société Upian, un studio de création digitale spécialisée dans la production de webdocumentaires et de contenus multimédias basé à Paris. Ils ont notamment créé les infographies du documentaire (titre, générique et bandeaux) qui témoignent d’un certain professionnalisme dans leur réalisation.

Toutefois, concernant la prise de vue et de son, on constate quand même une forme d’amateurisme dans la captation des images de ce documentaire. C’est aussi là une des caractéristiques propre au webdocumentaire, la réalisation de contenus non professionnels, rendue possible par une diffusion web. Plusieurs aspects nous montre ce côté amateur. D’une part, l’image est saturée ou surexposée par moment et on relève un manque d’éclairage qui serait maîtrisé s’il s’agissait d’un tournage professionnel. D’autre part, le son est à plusieurs reprises saturé et certaines interviews présentent de la réverbération sonore ou de l’écho.
En revanche, le montage de la vidéo est assez dynamique avec des prises de vue de concerts ou de musiciens venant entrecouper les interviews au moyen de fondus enchaînés à plusieurs reprises. Une musique colombienne extra-diégétique vient parfois souligner le propos de l’interview et le dynamiser. En outre, on remarque que le webdocumentaire est à destination d’une audience exclusivement française puisque les interviews en anglais et espagnoles sont sous-titrées en français tandis que les interventions en français ne le sont pas.
Concernant le dispositif des interviews, deux caméras fixées sur pieds sont utilisées : une caméra Nikon, plutôt standard, et un grand angle de type fisheye filme en noir et blanc. Ces deux valeurs de plans entrent en alternance avec des raccords caméra sur une même piste sonore qui rythme le documentaire.
Grâce aux webdocumentaires, la parole sur des sujets sensibles et inédits s’est beaucoup développée. En se démocratisant, le format s’étend et de nombreuses plateformes de streaming comme Netflix ou OCS proposent des documentaires entre le webdocumentaire et le reportage classique. Sur des sujets tout aussi variés que les documentaires cinéma ou télévisés, le format web a le mérite de pouvoir être partagé plus facilement et, ainsi, de parler davantage à la jeune génération qui maîtrise les réseaux sociaux et les codes d’internet.

